Mercredi 7 décembre 2011 3 07 /12 /Déc /2011 13:49

42

Le mercredi, j'ai piscine. En écrivant ces mots, je me rends compte que cette activité aquatique ferait un excellent sujet d'article, avec ses plongeons ratés, ses épilations obligatoires et ses lunettes ridicules - ou ses plongeons ridicules et ses épilations ratées et ses lunettes obligatoires - ou même ses plongeons obligatoires, ses épilations ridicules et ses lunettes, euh...
Mais là n'est pas le sujet de mon propos.

Le mercredi, j'ai piscine donc. Ensuite, les cheveux encore dégoulinant, j'entre dans un bus - choisi plus ou moins consciemment selon la température extérieure, les conditions de circulation, les intempéries, les derniers sondages électoraux et la couleur des collants de ma prof d'anglais - et me précipite vers la place de gauche la plus au fond, tournée à l'inverse du sens de circulation - rappelez-moi de faire un schéma explicatif pour lecteur un peu concon. Dans un dernier souffle, j'y lâche nonchalamment mes trente-six sacs de cours, de piscine, de piano, de tricot, mes quinze manteaux, mes douze écharpes et m'installe à côté de ce monticule coloré, légèrement en biais de sorte que mes genoux ne cognent pas contre la vitre en face, trop près de moi - sont pas foutus de comprendre que certains français sont plus grands que leur empereur. Ensuite, j'attrape l'un des sacs, en sors une paire d'écouteur, un baladeur et un livre. Les oreilles et les yeux branchés sur ce monde parallèle, les passagers et la voix robotique du bus ne sont plus qu'un bruit de fond sans importance.
C'est ainsi que ma lecture progresse d'une quinzaine de pages à chaque trajet, s'interrompant au beau milieu d'une phrase lorsque le moment de sortir survient.

 

Or, ce mercredi était un trajet un peu spécial. Ayant fini la veille un livre intéressant mais un peu trop long sur le nazisme et ses répercussions sur les générations actuelles, j'hésitai à commencer le suivant dans le brouhaha du bus bondé de midi.
Il faut dire que ce livre acheté sur internet et reçu quelques jours auparavant...
"Bonjour, je suis ta conscience écologique et politique et je viens t'emmerder en plein milieu de ta phrase pour te poser des questions existentielles. N'est-il pas mauvais pour la planète de faire venir d'on ne sait où des produits fabriqués et emballés par des gens sous-payés ? Ne vaut-il pas mieux se fournir chez le libraire le plus proche, pour limiter les déplacements et rendre ses achats moins impersonnels ? Et que penser de ces livres imprimés à la chaîne et qui pourrissent finalement dans les bibliothèques ? Pour combattre le capitalisme et la société de consommation, ne faut-il pas avant tout cesser d'en dépendre ? De la même manière qu'on fait soi-même pousser ses légumes ou qu'on fabrique ses propres vêtements, ne faudrait-il pas désormais écrire soi-même les livres que l'on souhaite lire ?
- Ta gueule pouffiasse."

Ce livre donc. LE livre. Une sorte de bible pour geek dont j'avais entendu et réentendu parler. Enfin, je le tenais entre mes mains. "Douglas Adams Le Guide du voyageur galactique H2G2, I folio SF", disait la couverture.
Lorsque certains amis m'en avaient parlé pour la première fois, après que je les aie questionnés sur leur obsession pour le nombre quarante-deux, j'avais vu cette "trilogie en cinq tomes" comme une suite de pavés d'héroic-fantasy scientifique ennuyeuse, fruit du délire d'un surdoué incompris et lisible uniquement par un geek expérimenté. Moi qui m'étais imaginé que la raison pour laquelle ils mettaient à réchauffer au micro-onde leur nourriture pendant exactement quarante-deux secondes était le souvenir d'un délire d'une soirée antérieure, je me trouvai bien déçue par cette explication.

Plus tard, le sujet revint suite à une expérimentation smilesque sur le clavardage Facebook. Je sais pas si vous avez remarqué, quand on a épuisé tous les sujets de discussion virtuelle avec quelqu'un, on en revient toujours à commenter les smileys et options disponibles. Nous en étions donc rendus, mon Allemand et moi - Allemand rencontré il y a huit articles et évoqué dernièrement il y a deux articles, faut suivre un peu ! - a cette phase de communication. Et c'est alors que je découvris l'existence d'un smiley aussi moche que les autres, mais représentant un "42" blanc dans un carré rouge. Nous en discutâmes - azi tavu meuf passé simple première personne du pluriel susu - et, apprenant que ce "42" se prononçait "for two" et répondait à la question "What is life ?", j'en arrivai à la conclusion que ce pavé était en fait une formidable histoire d'amour romantique. Il me parut immédiatement moins repoussant et je décidai de l'ajouter à ma liste de lectures incontournables.
"C'est cela oui... C'aurait pu être une encyclopédie de la physique cantique, ton Allemand l'ayant lu, ça devient immédiatement le livre le plus intéressant que t'aies jamais lu, j'me trompe ?
- C'est n'importe quoi ! Comme si je pouvais être influencée par mes sentiments amoureux... On verra jamais ça chez moi, je suis indépendante et libre, moi !
- Haem."

Bref, c'est ainsi que je fis l'acquisition du premier tome de cette saga et commençai sa lecture un mercredi midi dans un bus. La présentation de l'auteur m'informa que celui-ci avait exercé diverses professions dont celle de "gorille" - ouate ize ze fuque ? -, ce qui me mit immédiatement en tête la chanson de Brassens. La suite décrivit son oeuvre comme un "space opera loufoque et délirant proche de l'esprit des meilleurs Monty Python". L'ancien repoussant pavé m'apparut instantanément comme super chouette, et j'entamai sa lecture, avant que l'arrêt du bus ne l'interrompe, à la vingt-deuxième page.
L'auteur y décrivait l'être humain comme un tas de molécules carbonées tombées d'un arbre et l'argent comme des morceaux de papier vert, le tout avec humour et surtout du recul, énormément de recul.

Vous savez, prendre du recul est sans doute une des choses les plus efficaces pour la survie et le bonheur. En tout et pour tout, il faut toujours se souvenir que rien n'est important. Prenons l'exemple d'un contrôle de verbes forts allemands. Certes, un six sur vingt n'a rien de glorieux, c'est même une note catastrophique qui va sans aucun doute être à l'origine d'un démontage de ma gueule par mes géniteurs, mais !
Mais il faut prendre du recul et voir les choses différemment. Un six sur vingt, c'est un trait de crayon rouge sur une feuille de papier. Qu'est-ce qu'un trait de crayon rouge sur une feuille de papier à l'échelle d'une vie humaine ? De quoi a réellement besoin l'être humain pour être heureux ? Qu'est-ce que le bonheur ? Qu'est-ce que la vie ?
Et voilà comment parvenir à considérer une mauvaise note comme le dernier de ses soucis. On pourra ajouter à l'argumentation qu'un seize sur vingt aurait utilisé plus d'encre rouge afin de tracer le "1", et que si tout le monde avait seize, les réserves mondiales d'encre rouge seraient aujourd'hui vides.

 

En visualisant cette action de prendre du recul, j'imagine une silhouette humaine, qui fait un pas en arrière, puis deux, puis trois. Finalement, elle arrive au bord d'un précipice, tout au bord. Encore un pas et elle tombe. Et elle meurt.

Est-ce qu'à trop prendre du recul on finit pas par se payer un arbre ?

Par Lops Mong - Publié dans : La vie, la vraie (ou pas)...
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Samedi 3 décembre 2011 6 03 /12 /Déc /2011 13:58

Acte I, scène 1.
LE PERE, LA MERE, LA GRANDE SOEUR, LE GRAND FRERE, LA PREMIERE PETITE SOEUR, LA SECONDE PETITE SOEUR, LE TROISIEME NEURONE.

Une cuisine, une longue table avec trois chaises de chaque côté.


Les parents s'affairent autour de la table. Les petites soeurs entrent et sortent bruyamment.
Une émission de radio historique sur le nazisme sert de fond sonore.

La grande soeur entre et s'approche d'un sachet vert traînant sur la table, surprise.

LA GRANDE SOEUR : Oh ! Ca existe les kiwis secs !?
LE PERE : T'as vu d'où ça vient ?
LA GRANDE SOEUR, cherchant sur l'étiquette : Ah ouais, "Origine Thaïlande", pas koule.
LE TROISIEME NEURONE, au public : Des produits bio mon cul, bravo le bilan carbone ! Bien ouèj' Mum !

La famille s'affaire encore quelques instants, puis le père prend place sur la chaise de gauche la plus éloignée du public. La première petite soeur s'assoit sur la chaise de droite la plus proche du public, sa soeur juste à côté. Elles gigotent, se relèvent, s'agenouillent, et ne cessent de bouger. La grande soeur tire la chaise de gauche la plus proche du public, puis la repousse et s'installe finalement juste à côté de son père.

LE PERE, se servant des carottes râpées : Il fait quoi ton frère ?
LA SECONDE PETITE SOEUR : Je vais le chercher !
LA PREMIERE PETITE SOEUR : Moi aussi !

Elles sortent de table en courant. La mère prend place en face du père.

Les petites soeurs et leur frère entrent, tous s'assoient.
La grande soeur se sert des carottes râpées et commence à manger rapidement.

LA GRANDE SOEUR : Bon, je mange super-vite, mais j'ai faim.
LE PERE, qui a fini son assiette depuis quelques minutes : Tu manges vite ?
LA GRANDE SOEUR, désignant ses petites soeurs : Bah ouais, regarde leur assiette.
LE PERE : Oui bon c'est sur que si tu te compares aux filles...
LE TROISIEME NEURONE, au public : Ouais enfin toi tu manges toujours comme un lance-pierre sans te soucier des autres alors...

La mère se sert très copieusement.

LE PERE : Eh ben ! T'as faim !
LA MERE : Non, pas spécialement...
LE PERE : T'as vu tout ce que t'as pris !?
LA MERE : Oui, mais bon c'est des légumes. Tiens d'ailleurs, j'ai remarqué un truc l'autre jour ! Attends, comment je pourrais dire ça sans que tu me reproches encore de t'accuser...
Elle sourit, passe sa main sur son cou, hésite.
LA MERE : Enfin j'ai mal, 'fin ça me brûle dans la gorge et... Bon, en fait je te dis souvent que tu mets trop de poivre dans la soupe, et donc je sais pas si c'est pour ça, on peut-être parce que j'étais stressée pour mon inspection, mais en fait j'ai mal dans la gorge, là, ça brûle. Et ça passe pas, j'ai surtout mal quand j'ai faim en fait...
LE PERE, sur la défense, ironique : Et c'est parce qu'il y avait trop de poivre dans la soupe ?
LA MERE, tendue : Mais non ! Enfin c'est pas ce que je veux dire mais...
LE PERE : Mais si, c'est ce que tu veux dire, tu l'as dit toi-même.
LA GRANDE SOEUR, exaspérée : Bon, ça suffit de vous engueuler !
LE PERE, se tournant vers elle rapidement : Toi, ça te regarde pas !
LA MERE : Mais n'empêche que j'ai mal depuis ça et...
LE PERE : Oui, comme d'habitude, tu sais pas d'où vient ton problème donc tu cherches un bouc émissaire.
LA GRANDE SOEUR, ironique : Non mais c'est pas possible je vais demander le divorce !
LE PERE : Mais, tu te mêles pas de ce qui te regarde pas ! Toi quand tu te disputes avec ton frère...
LA GRANDE SOEUR : Je lui parle plus à mon frère.
LE PERE : Oui, bien sûr.
LA GRANDE SOEUR : N'empêche que vous passez votre temps à vous disputer pour des trucs débiles...
LE PERE : Bon, ça va hein ?

Silence, l'atmosphère est tendue, on entend juste le bruit de la radio.

LE TROISIEME NEURONE, au public : Ah ils sont casse-ovaires tous les deux là. Entre la mère qui croit tout faire à la maison et qui rate pas une occasion de s'en plaindre et le père qui se croit supérieur et trouve toujours quelque chose à redire... Avec cet air intelligent, là, façon je-sais-tout. M'énervent...

LA MERE : Tiens, servez-vous des jus de fruits.
LA SECONDE PETITE SOEUR : Nan, pas maintenant, pas soif.
LA MERE : Mais si, il faut boire !
LA GRANDE SOEUR : Au pire tu prends de l'eau...
LE PERE : Mais tu sais c'est pas très bon de boire pendant les repas, faut qu'on les fasse boire en dehors.
LE TROISIEME NEURONE, au public : Allez ! Deuxième reproche ! Et vivent les repas de famille !

LA GRANDE SOEUR : Et tu vas t'en charger toi ?
LE PERE : Mais pourquoi tu m'attaques, là, j'ai raison, non ?
LA GRANDE SOEUR : Ouais enfin là t'interviens un peu genre "Y a qu'à faut qu'on"...
LE PERE : Oui bon, c'est pas non-plus indispensable de les faire boire, elles sont en bonne santé que je sache.
LE GRAND FRERE : Tu m'passes le multivitamines s'te plaît ?

Silence, atmosphère tendue, radio.

LE TROSIEME NEURONE : Et l'autre là qui se sert la moitié de la bouteille ! Sale égoïste va !

LA MERE, au père : Tiens, coupe la radio, on l'écoute pas.
LE PERE : Ouais.
Il reste assis.

La mère se lève, apporte une casserole.

LA SECONDE PETITE SOEUR, enthousiaste : Ouais ! De la paella !!
LA PREMIERE PETITE SOEUR, déçue : Oh ! Mais t'avais dit qu'on mangerait du couscous !
LA MERE, se redressant soudain, la main sur la bouche, affolée : Oh putain ! J'ai oublié d'aller chercher le couscous ! Mais... Mais je l'avais écrit sur mon pense-bête, qui est-ce qu'il l'a effacé ?
Les regards se tournent vers la seconde petite soeur.
LA SECONDE PETITE SOEUR : C'est pas moi !
LA PREMIERE PETITE SOEUR : Si c'est toi !
LA MERE : Mais comment je vais faire ? Je vais aller à la charcuterie cet après-midi pour le chercher. J'avais acheté du poisson pour demain, je vais le donner à Mamie pour qu'elle le congèle, vu qu'on a plus de congélateur. Enfin l'idéal ce serait que la charcutière ait vendu les parts à quelqu'un d'autre...
LA GRANDE SOEUR, regardant la seconde petite soeur : Ah bah elle est fière d'elle, l'autre ! Mais tu vois, c'est con, tu vas en manger quand même du couscous !
LE TROISIEME NEURONE : Et puis son espèce de sourire en coin là, genre "J'ai gagné.". On va bouffer de la paella dégueulasse par ta faute, pouffiasse. Enfin remarque cet affolement maternel est assez comique, ça aura au moins eu le mérite de me faire marrer. Et puis j'avoue que le couscous tous les week-ends ça commence à m'énerver aussi...

Silence, radio.

LA MERE : On a pas coupé la radio.
Le père se lève et coupe la radio.

Silence, personne ne bouge, regards.

LA MERE : Je vois que ma paella vous enchante pas...
LE PERE : Bah moi j'aurais préféré du couscous.
LE TROISIEME NEURONE : T'avais qu'à réfléchir au repas au lieu de te plaindre. Ah tu fiches pas grand chose mais pour critiquer...
LA MERE : Mais elles étaient belles les barquettes !
LE TROISIEME NEURONE : Oh ! De belles barquettes pleines de plastique et de conservateurs !
LA GRANDE SOEUR : Non mais si, ça me va, c'est juste que j'attends que... Bah que vous disiez de se servir.
LE PERE : Eh bah sinon tu sers tes petites soeurs, tiens !

La grande soeur sert tout le monde. A chaque cuillère, un "Splouch !" sonore se fait entendre.
Tout le monde mange en silence, la grande soeur soupire.

La mère se lève et apporte une poële.
LA MERE : J'ai fait du poisson, je trouvais qu'il y en avait pas beaucoup dans la paella.
LE GRAND FRERE : On est obligé d'en prendre ?
LE TROISIEME NEURONE : Putain mais il bouffe rien celui-là ! Il va encore venir finir les tablettes de chocolat à trois heures...
La mère soupire.
LE GRAND FRERE : Non mais tu dis "Oui." ou "Non." !
LE TROSIEME NEURONE : Et comment il parle à sa mère !
LA MERE : Non, t'es pas obligé...

Le grand frère se sert un micro-bout de poisson.

Les petites soeurs sortent de table, suivies du grand frère. La grande soeur commence à débarrasser la table, les parents restent assis.
Elle sort de la cuisine.

LE PERE : Tu voudras un café ?
LA GRANDE SOEUR, depuis le salon : Ah ouais, j'veux bien !
LE PERE : Tu viendras quand je t'appellerai ?
LA GRANDE SOEUR : Euh... Pas sûr.
LE TROISIEME NEURONE : Non, je viendrai pas, j'ai un article à écrire, moi.

Le père prépare deux tasses de café, la mère un thé. Elle sort de la cuisine avec sa tasse, suivie du père.

Par Lops Mong - Publié dans : La vie, la vraie (ou pas)...
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Lundi 14 novembre 2011 1 14 /11 /Nov /2011 19:47

Voilà, le dernier titre était en Anglais, celui-ci est en Allemand, ça fait genre j'étale ma culture, ça me donne un air intelligent, c'est chouette. Bon, en vrai, c'est du à peu près façon Google Traduction, mais comme je suis quasi-sûre qu'en bon mouton t'as pris Espagnol LV2 au collège, on s'en fout, n'est-ce pas ? "Comment ça, "en bon mouton" ?", qu'il s'indigne, le petit lecteur. Allez, te voile pas la face, tout le monde sait qu'il faut être intellectuellement supérieur pour choisir d'apprendre l'Allemand.
"Intellectuellement dérangé surtout !
- Toi, ta gueule.
- Si j'veux !
- Fais gaffe mec, si tu continues à faire le bouffon je vais avaler une boite d'harissa."
Ah, il fait moins le malin maintenant, le troisième neurone de mes deux. Non mais !

"Et pourquoi de la harissa ?", qu'il se demande, le petit lecteur. Bon, déjà, on dit l'harissa, on fait l'élidation, tu vois.
"L'élision. Et puis arrête de prendre tes lecteurs pour des cons s'il te plait, je te signale que t'es allée vérifier sur Wikipédia si on mettait une apostrophe...
- Tu la veux l'harissa ?
- Et sur Doctissimo pour trouver des aliments mauvais pour l'estomac...
- TU LA VEUX L'HARISSA ?
- T'as pas d'harissa..."

Soit. Donc, que disais-je ? Allemand supérieur bouffon élision harissa... Oui ! Je m'appretais à t'expliquer, à toi, cher lecteur, le titre de cet article et tout ce qui s'ensuit.
Sache tout d'abord que "ohne" signifie "sans" ; "Gehirn" : "cerveau" et "leben" : "vivre". Je ne suis pas certaine que l'on puisse utiliser "ohne" avant un nom, mais l'essentiel, c'est que ça claque.
(A cet instant, je revois mon père lire toute une lettre en Allemand de son accent hitlérien qu'il s'imagine propre à tout germanophone. Du coup je spéssi4l d3diikass" cette phrase à mon Papounet, voilà.)
Bref, venons-en au fait. De la difficulté de vivre sans cerveau. Ca ferait un bon sujet pour 100% Mag ou 50 Minutes Inside, tiens.
"Mais d'abord, un zoom sur la vie de ces Français qui vivent au quotidien un véritable cauchemar. Ils sont  joueurs de foot, politiques ou mannequins et ont dû renoncer à toute forme d'intelligence. On en parle peu, mais certaines personnes vivent sans cerveau. Nous avons suivi le quotidien de Johnny, Kévin et Nicolas, tous trois atteints de cette pathologie grave. C'est un reportage de Monique Tonsystème."

Alors voilà, depuis maintenant deux semaines, je vis, ou plutôt je survis sans cerveau. Waswerwowannwarumwie ?
Premièrement, il te faut lire ou relire ou tenter de te souvenir d'un article dont le nom ne me revient pas, mais qui traitait de pas mal de choses inutiles...
"Pour changer."
De pas mal de choses inutiles parmis lesquelles ma rencontre virtuelle avec un blond aux yeux bleu comme on les fait si bien en Allemagne. Eh bien, il s'avère que, lors d'une de nos discussions récentes, plutôt du genre passionnante, je lui ai évoqué mon besoin soudain d'un crayon rose, là maintenant.
"Ohlàohlàohlà ! Je t'arrête tout de suite meuf ! T'avais vraiment besoin de ce crayon ?
- Bah oui, enfin, ç'aurait été pratique pour...
- Non, je crois que tu ne saisis pas parfaitement le sens de ma question. Ce crayon était-il indispensable à ta survie ?
- Euh... Non... Enfin...
- Voilà ! On ne confond pas "besoin" et "envie". Si tout le monde savait ça, les bientôt sept milliards d'êtres humains mangeraient tous à leur faim aujourd'hui ! A utiliser le mot "besoin" à tort et à travers, tu entres dans le jeu des publicitaires et autres vendeurs de rêve. C'est mal.
- Euh..."

Donc je voulais dessiner un coeur sur mon jean, alors j'ai eu ENVIE d'un crayon rose. Crayon rose que je n'avais pas, que lui avait - "Attend, qui ça lui ?" - mon Allemand, faut suivre un peu ! - et que je lui ai donc demandé de m'envoyer par mail. "No but from brain to brain." Et voilà comment toute cette histoire a commencé. Après plusieurs essais désastreux suite auxquels j'ai reçu des paires de chaussettes sales et une banane, mon cerveau a tout bonnement été emporté par ce flux télétransportationnel, jusqu'à atterir dans la chambre du blond aux yeux bleux germanophone où il fait depuis lors l'amour avec son cerveau à lui. "A qui ?" A mon Allemand, faut suivre un peu !
Depuis, je vis un véritable calvaire. Vous n'imaginez pas comme il est difficile de suivre un cours d'histoire sans cerveau. Ou d'Anglais. Ou de maths. Enfin peu importe, je subis actuellement une baisse de compréhension alarmante. Je ne sais pas si les profs accepteront l'excuse "J'ai perdu mon cerveau.".

Enfin, si encore j'étais devenue un légume... Mais non ! Il a fallu que ce putain d'enculé de sa mère la pute de troisième neurone...
"Je ne te permets pas !
- Ta gueule."
Ce putain d'enculé de sa mère la pute de troisième neurone, donc, et je pèse mes mots, se trouvait comme par hasard à cet instant en vadrouille je ne sais trop où dans mon organisme...
"Oui, bah écoute, c'est pas que vos histoires téléphoniques de crayons m'ennuient mais..."
Du coup je me retrouve avec une tête totalement vide, un cerveau débauché en Allemagne, et un troisième et désormais unique neurone dans mon estomac. Autant vous dire que c'est pas facile tous les jours...

"Voilà, c'était un reportage poignant de Monique Tonsystème. Vous pouvez nous envoyer vos dons et vos messages d'encouragement au 09 70 80 51 55, quatre-vingt-sept centimes d'euro la minutes depuis un poste fixe plus prix d'un appel local selon votre opérateur."

Par Lops Mong - Publié dans : La vie, la vraie (ou pas)...
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