Partager l'article ! Lendemain de lendemain de lendemain de soirée.: Hier matin. Réveil. Pensée n°1 : "J'ai perdu.". ("Perdu quoi ?", que tu te demandes, toi, ...
Hier matin. Réveil. Pensée n°1 : "J'ai perdu.".
("Perdu quoi ?", que tu te demandes, toi, lecteur moyen d'intelligence moyenne et de taille moyenne, sourcils relevés et bouche entrouverte, te grattant les couilles devant ton PC ou
engloutissant une troisième part de flan de chez Super U. Ne fais pas cette tête, cher lecteur, je suis attentionnée envers toi, et je te dois une explication.)
Il s'agit d'un jeu. Le but de ce jeu est de ne jamais penser au jeu. Si tu penses au jeu, tu perds. Mais perdre tout seul dans son coin, ce n'est pas très drôle. Pour remédier à cela, en bon
sadique que tu es, tu t'arranges pour aussi faire perdre tes amis, et tous les gens autour de toi, la manière la plus répandue étant de hurler "J'ai perdu !".
(Tu avales ta dernière bouchée de flan en fronçant les sourcils, relis les quatre dernières lignes, te grattes la tête, lorsque ton cerveau parvient enfin à sortir cette phrase des méandres de sa
connerie : "Donc là si j'ai bien compris, j'ai perdu, car je pense au jeu, c'est ça ?" Bravoooo, lecteur ! C'est cela, tu as perdu ! Tu es un loser ! Tu as tout bien comprendu ! Je suis fière de
toi !)
Hier matin. Réveil. Pensée n°2 : "Combien de temps ai-je dormi ?".
Il faut savoir que mon propre record de la nuit post-soirée-nuit-blanche-cuite la plus longue est de dix-sept heures. Inquiète de savoir s'il avait enfin été battu, cherchai un moyen fiable de
connaître l'heure. C'est en cheminant avec difficulté vers un verre d'eau que je tombai nez à nez avec un cadran de micro-onde qui me signala d'un air désolé qu'il n'était que neuf heures et
demi. Durant une dizaine de minutes, je tentai de calculer tant bien que mal la durée de ma nuit. Quatorze heures. J'avais dormi quatorze heures. Putaaaaain...
On pourrait se dire ici que mes pensées matinales sont superficielles et vides de sens. Que voulez-vous ? Quand votre troisième neurone vous présente des images plus terribles les unes que les
autres en vous accusant d'en être l'unique responsable, vous préférez vous raccrocher à des choses futiles et sans intérêt, non ?
Je tachai donc d'oublier au plus vite ces souvenirs avec pour devise absolue "Ce qui est en soirée reste en soirée.".
Hier matin. Réveil. Pensée n°3 : "Il faut que j'écrive un article de blog."
Et c'est à ce moment que les choses se compliquent. D'un côté il y a ce tas de souvenirs de la soirée de l'avant-veille qui se bousculent sous forme de phrases à moitié construites et plus ou
moins prêtes à être cuisinées en un texte potable, et de l'autre ce putain de mal de crâne... Je pensais éviter la gueule de bois en faisant une nuit blanche, partant du principe que ne pas
dormir = ne pas subir un réveil difficile, raté. Mon troisième neurone l'a logiquement déplacée au jour suivant.
"Ouais, bah comme ça tu réfléchiras à deux fois avant de me faire subir tes conneries !
- Oh, arrête de faire la gueule un peu. Avoue que c'était drôle !
- DRÔLE ?! DRÔLE ?! Nan mais j'hallucine ! C'est ça que t'appelles drôle ?! Faudrait voir à pas se foutre de ma gueule, là !"
Voilà, il a passé la journée d'hier à faire la gueule, et croyez-moi, quand le plus important de vos neurones décide de vous casser les ovaires, vous le ressentez. Il faut savoir que mon crâne
est en réalité vide de ce que l'on nomme communément "cerveau", seul vit ici le troisième neurone. C'est pour cette raison que la fumée des clopes ou l'alcool des boissons emplissent toujours
immédiatement tout mon crane vide, emprisonnant ce pauvre neurone sous des substances désagréables et me laissant livrée à moi-même face au monde qui m'entoure.
"Et vu que t'es pas une flèche, livrée à toi-même t'es assez pitoyable..."
Bon, je dois avouer, avec du recul, que l'image que le monde qui m'entoure a eu de moi ne devait pas être très glorieuse.
"Je suis pas bourrée regarde, je sais encore que douze et douze ça fait vingt-quatre ! Et même la racine carrée de trente-six c'est six ! De toutes façons l'alcool c'est mal. Moi perso je bois
pas, je fume pas, je baise pas, paske ça donne le cancer de la cirrhose de l'estomac. Comme le chien de Gainsbourg. Je suis chaste et je veux devenir moine."
Mais en fait, mon réel problème, lorsque mon troisième neurone n'est plus là pour me rappeler les codes de bonne conduite en société, c'est que je tombe amoureuse de tout le monde. Un bisou sur
la joue à droite, un baiser langoureux à gauche, ...
"Mais pas plus paske je suis pas épilée, hein ?"
Et cinq mecs alentours dans un état proche du mien de répondre : "Ouais mais ça on s'en fout !"
Moralité : un homme bourré est féministe.
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